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La matra murena, coupé sportif emblématique à redécouvrir

La matra murena, coupé sportif emblématique à redécouvrir

Il y a encore trente ans, croiser une Matra Murena sur une route de campagne suscitait tout au plus un hochement de tête poli. Trop excentrique pour les uns, trop modeste en puissance pour les autres. Aujourd’hui, cette même voiture fait l’objet de regards appuyés, de photos discrètes et parfois même d’une offre d’achat sur-le-champ. Ce retournement s’explique moins par une soudaine nostalgie que par une reconnaissance tardive : derrière son capot arrière central, la Murena abrite une philosophie de conception qui détonne autant qu’elle fascine.

La conception révolutionnaire de cette voiture Matra Murena

Un design aérodynamique signé Antonis Volanis

Le profil de la Murena ne laisse personne indifférent. Dessinée par Antonis Volanis, son carénage fluide affiche un Cx de 0,32 – une prouesse pour un coupé des années 80. Cette finesse n’est pas que cosmétique : elle sert la tenue de route et diminue la consommation à vitesse stabilisée. Pour alléger la structure tout en préservant la rigidité, Matra a opté pour une carrosserie en résine et fibre de verre, posée sur un châssis en acier galvanisé. Un choix technique audacieux qui, quarante ans plus tard, se révèle payant.

L’innovation des trois places de front

Reprenant une idée née avec la Bagheera, la Murena accueille trois occupants côte à côte, le conducteur légèrement en retrait. Une disposition qui, loin d’être un gadget, redistribue intelligemment l’espace. L’habitacle, bien que compact, permet à trois adultes de voyager sans sacrifier le confort. Cette configuration renforce l’idée d’un coupé convivial, fait pour partager le plaisir de la route, pas pour s’isoler derrière un volant.

Une protection anticorrosion pionnière

Parmi ses innovations les moins visibles mais les plus décisives : le châssis entièrement galvanisé à chaud, une première mondiale pour une série. Ce traitement, inédit sur un véhicule de sport à l’époque, protège les fondations mécaniques du véhicule. Résultat ? Nombre de Murènes conservent aujourd’hui une structure saine, même après des décennies d’utilisation. Pour dénicher un exemplaire sain ou consulter des annonces vérifiées, vous pouvez faire un tour sur le site de babayama-automobile.com.

  • ✔️ Châssis galvanisé : protection durable contre la rouille
  • ✔️ Carrosserie composite : légèreté et résistance aux chocs
  • ✔️ Suspension indépendante : tenue de route précise malgré la simplicité mécanique
  • ✔️ Moteur central arrière : répartition optimale des masses pour un équilibre dynamique remarquable

Comparatif des motorisations : 1.6 vs 2.2 litres

Le tempérament du moteur Simca-Talbot

La Murena se décline en trois versions principales, différenciées par leur motorisation. Alors que le 1.6 L, hérité de la Talbot Solara, propose une conduite souple et accessible, le 2.2 L – notamment en version S – offre un couple plus généreux, idéal pour les conduites plus soutenues. Les puristes soulignent toutefois que l’agrément de conduite tient autant à la finesse du châssis qu’à la puissance brute. Le moteur central arrière, même modeste, assure une répartition des masses proche de l’idéal, ce qui se ressent dès les premières courbes.

Version Puissance fiscale Type de carburateur Vitesse maximale (constructeur)
1.6 9 CV Double corps Weber Environ 185 km/h
2.2 12 CV Simple corps Solex Environ 195 km/h
2.2 S 13 CV Double corps Weber Environ 205 km/h

Les performances brutes ne racontent qu’une partie de l’histoire. Le bruit du moteur, le rapport des vitesses, la finesse du freinage… autant d’éléments qui transforment une simple mécanique en expérience sensorielle. La 2.2 S, malgré sa cote plus élevée, ne convient pas forcément à tous : son caractère plus nerveux demande une conduite plus engagée.

Réussir son achat et restaurer un exemplaire

Les points de vigilance lors de l’inspection

Acquérir une Murena, c’est entrer dans un monde de passionnés exigeants. Certains modèles sont impeccables, d’autres attendent un nouveau souffle. L’état des silentblocs doit être vérifié en priorité : usés, ils dégradent l’agilité du châssis. Le circuit de refroidissement, souvent négligé, est une faiblesse récurrente, surtout sur les moteurs centraux où l’évacuation de chaleur est cruciale. Les phares escamotables, signature visuelle du modèle, fonctionnent à dépression – un système fiable en théorie, mais qui peut capoter si les membranes sont fragilisées.

La sellerie d’origine, souvent en tissu, supporte mal le temps. La reproduction fidèle de ces sièges peut coûter cher, car les tissus d’époque ne sont plus fabriqués en série. Une restauration complète ? C’est possible, mais il faut compter sur l’engagement d’ateliérs spécialisés. L’avantage, c’est que la rareté collector du modèle stimule l’offre de pièces détachées, y compris de qualité supérieure à l’origine. Attention toutefois aux surcôuts : certains kits de carrosserie ou d’amélioration du refroidissement, comme ceux proposés à l’époque par Politecnic, sont devenus des pièces rares en soi.

Questions typiques

Est-il risqué d’acheter une Murena dont les phares escamotables sont capricieux ?

Oui, car le système à dépression repose sur des membranes et des durits sensibles à la fatigue. Un dysfonctionnement peut entraîner une panne totale ou une usure prématurée. Toutefois, les réparations sont courantes et bien documentées par la communauté des propriétaires.

Quels sont les pièges à éviter concernant la sellerie d’origine ?

Les tissus d’origine, souvent fragiles après quarante ans, se déchirent facilement. Faire refaire les sièges avec un tissu fidèle à l’époque est coûteux, car il s’agit de production artisanale. Mieux vaut choisir un modèle avec une sellerie bien conservée ou prévoir un budget conséquent pour la restitution.

Existe-t-il des kits de carrosserie alternatifs pour améliorer le refroidissement ?

Oui, des solutions d’époque comme les grilles d’aération Politecnic ou des kits de carénage modifié existent. Ils permettent une meilleure circulation de l’air autour du moteur, surtout en conduite intensive. Leur installation nécessite un ajustement précis pour rester harmonieux.

Comment évolue la cote de la Talbot-Matra Murena depuis peu ?

La cote est en légère hausse, portée par l’intérêt croissant pour les youngtimers français. Les exemplaires bien entretenus ou restaurés montent en valeur, tandis que les projets restent accessibles. Une tendance de fond qui s’appuie sur le patrimoine industriel français et la reconnaissance de la conception avant-gardiste du modèle.

V
Victor
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